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  • L’aube d’une nouvelle ère

    L’aube d’une nouvelle ère

    Kinésithérapie et douleurs musculo-squelettiques : l’aube d’une nouvelle ère

    Lewis J, Mintken PE, McDevitt AW. Treating musculoskeletal conditions with a bit of exercise and manual therapy: are you kidding me? It’s time for us to evolve again. J Man Manip Ther. 2025 Jun;33(3):167-172. doi: 10.1080/10669817.2025.2494895. Epub 2025 Apr 25. PMID: 40277229; PMCID: PMC12090291.

    Il fut un temps pas si lointain où les douleurs musculo-squelettiques se traitaient avec un peu d’exercice, quelques manipulations bien placées et, peut-être, deux électrodes. Le kinésithérapeute, tel un artisan du corps, se contentait de “réparer” les patients comme on redresse une vieille étagère. Cela fonctionnait… parfois. Mais souvent, la douleur revenait. Insistante. Persistante. Et les patients, eux, restaient en quête de réponses.

    Et si l’on avait fait fausse route ?
    Et si la douleur ne se nichait pas seulement dans les muscles, les tendons ou les articulations mais dans l’histoire de vie tout entière d’une personne ?

    🌍 Un regard plus large, plus humain

    Aujourd’hui, une révolution douce mais ferme émerge au cœur de la kinésithérapie. Non, un peu d’exercice et de thérapie manuelle ne suffisent plus. La douleur, surtout lorsqu’elle devient chronique, n’est pas qu’une affaire de tissus , c’est aussi une histoire de stress, de sommeil, d’habitudes de vie.

    🛏️ Le sommeil, ce grand oublié

    Dans les coulisses de la douleur, un acteur discret joue un rôle central : le sommeil. Une nuit trop courte, une insomnie prolongée, et le corps se dérègle. L’inflammation s’installe. Le cerveau devient plus sensible à la douleur. Le manque de sommeil altère même nos hormones de la faim et favorise la prise de poids… et aggrave l’arthrose. Et pourtant, combien de séances de kinésithérapie débutent par la question : “Dormez-vous bien ?” Trop peu.

    ⚖️ Le cortisol, ce messager du stress

    Un autre coupable se cache dans nos veines : le cortisol, hormone du stress. Quand il s’emballe à cause d’un choc émotionnel, d’une déprime ou d’une mauvaise alimentation, il fait des ravages. Douleurs, fatigue, troubles de la mémoire…

    🚶‍♀️ La sédentarité

    Oui, l’exercice reste une arme puissante. Mais pour vraiment impacter la santé, il ne s’agit pas de quelques mouvements en séance. Il faut bouger tous les jours. Notre mode de vie doit être actif, entre marche, jardinage, vélo, yoga, course à pied… Préférez les escaliers aux ascenseurs. L’enjeu ? Réconcilier le patient avec le mouvement.

    🚬 Le poids des habitudes

    Tabac, alcool, sédentarité, malbouffe… Ces habitudes laissent leurs empreintes sur les os, les articulations, et surtout sur l’espoir de guérison. La douleur chronique ne s’alimente pas que de déséquilibres biomécaniques, mais aussi de comportements qui nuisent à la récupération. Aider un patient à se libérer de ces chaînes, c’est aussi faire de la kinésithérapie.

    🧠 Une nouvelle posture : le kiné du futur

    Ce changement ne se résume pas à quelques nouvelles techniques. Il s’agit de repenser la profession.
    Le kinésithérapeute du futur ne sera pas qu’un expert du mouvement. Il sera un coach santé, un éducateur, un guide dans la complexité des douleurs, des émotions et des comportements. Il saura parler de stress sans jugement, explorer l’alimentation sans prescrire, écouter sans interrompre. Il saura aussi poser les bonnes questions : “Comment dormez-vous ?”, “Qu’est-ce qui vous stresse ?” ou “Qu’est-ce qui vous motive à aller mieux ?”

    🔁 De la réparation à la transformation

    Ainsi, la kinésithérapie quitte peu à peu les murs de la salle de soins pour investir le terrain de la vie quotidienne. Elle cesse d’être une simple série de gestes pour devenir un véritable accompagnement vers la santé globale .

  • PROTOCOLE PEACE & LOVE

    PROTOCOLE PEACE & LOVE

    Les blessures des tissus mous ont simplement besoin de PAIX et d’AMOUR

    Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. Br J Sports Med. 2020 Jan;54(2):72-73. doi: 10.1136/bjsports-2019-101253. Epub 2019 Aug 3. PMID: 31377722.

    Cette acronyme contemporain « PEACE & LOVE » englobent le continuum de la rééducation, des soins immédiats à la prise en charge ultérieure des blessures des tissus mous (entorse, lésion myo-aponévrotique). Il souligne l’importance d’éduquer les patients et de prendre en compte les facteurs psychosociaux afin qu’ils acquièrent les grands principes menant à leur récupération.

    Les soins immédiats seront guidés par l’acronyme PEACE :

    P pour Protection

    Décharger et/ou restreindre les mouvements pendant 1 à 3 jours afin de minimiser les saignements, éviter la mise en tension des fibres lésées et d’aggraver la blessure. Ce repos doit être réduit au minimum. C’est la douleur qui doit guider l’arrêt de la protection. (Pour moi la douleur ne doit jamais dépasser 2/10. Si elle est inférieure à 2, on peut remettre en charge la zone. Si elle est supérieure, la mise en décharge totale ou partielle doit être maintenue).

    Un repos prolongé peut compromettre la qualité de la cicatrisation et augmenter les temps de récupération.

    E pour Élévation

    Surélever le membre au-dessus du cœur peut favoriser l’évacuation du liquide interstitiel hors des tissus.

    A pour AVOID  Anti-inflammatoires

    L’inflammation est une phase indispensable dans la réparation des tissus mous endommagés. La prise d’AI va inhiber cette phase et diminuer la qualité de la cicatrisation tissulaire. Les AI sont donc à éviter.

    La cryothérapie est également remise en question. Malgré une action antalgique, elle pourrait perturber l’inflammation, l’angiogenèse, la revascularisation, retarder l’action des neutrophiles et des macrophages ainsi qu’augmenter le nombre de myofibres immatures. La réparation tissulaire pourrait être altérée.

    C pour Compression

    La pression mécanique à l’aide de bandes ou de contention permet de limiter l’œdème intra-articulaire, périarticulaire  et l’hémorragie tissulaire. Dans le cas d’une entorse de cheville, la compression réduit le gonflement et améliore la qualité de vie.

    E pour Éducation

    Les thérapeutes doivent sensibiliser les patients aux avantages d’une rééducation active. Les thérapies passives comme le massage, drainage ou thérapie manuelle doivent jouer le rôle seulement de catalyseur de guérison. Le patient doit être éduquer sur la pathologie et sur la remise en charge progressive de la région lésée. Cette remise en charge sera guidée par la douleur ressentie pendant les exercices, à 2h après les exercices et au réveil le lendemain matin.

    Une fois la phase aiguë passée, la rééducation sera guidée par l’acronyme LOVE :

    L pour Load

    L’approche active est bénéfique pour les patients souffrant de troubles musculosquelettiques. Le stress mécanique doit être appliqué rapidement et les activités normales doivent être reprises dès que les symptômes le permettent. Un stress mécanique optimal ne doit pas aggraver la douleur (pour ma part la douleur doit rester inférieure à 2) et favorise la réparation, le remodelage, la tolérance tissulaire et la capacité des tendons, muscles et ligaments par le phénomène de mécano transduction.

    O pour Optimisme

    L’optimisme des patients est associé à de meilleurs résultats et pronostics. Les facteurs psychosociaux comme la catastrophisation, la dépression, de fausses croyances et la peur peuvent constituer des obstacles au rétablissement. Les croyances et le contexte émotionnel expliquent davantage la variation des symptômes après une entorse de la cheville que le degré de physiopathologie.

    V pour Vascularisation

    Il est conseillé de débuter des exercices aérobie indolores rapidement après la blessure afin de stimuler la motivation, réduire les douleurs et d’augmenter le flux sanguin vers la structures lésée. Une mise en mouvement précoce et les exercices aérobiques améliorent la fonction, favorise le retour au travail et réduisent le recours aux antalgiques.

    E pour Exercice

    Les exercices permettent de réduire les récidives des blessures. Ils aident à restaurer la mobilité, la force et la proprioception après une blessure. La douleur doit être éviter ou faible pour assurer une guérison optimale et doit être utilisée comme guide pour la progression des exercices. Les thérapeutes doivent viser des résultats positifs à long terme et traiter la personne blessée avec ses objectifs plutôt que sa propre blessure. On parle d’approche « patient centrée ».