Le RPE signifie Rating of Perceived Exertion , ou en français “Échelle de perception de l’effort” .
C’est une mesure subjective sur une échelle de 1 à 10 qui permet à un sportif d’indiquer à quel point un exercice lui paraît difficile. C’est une mesure de l’intensité perçue. L’idée vient du psychophysiologiste Gunnar Borg (années 1970–1980), qui a montré que notre perception de l’effort est fortement corrélée à des paramètres physiologiques telle que la fréquence cardiaque, la consommation d’oxygène ou la lactatémie.

Pourquoi c’est utile ?
Après l’effort, il permet d’évaluer la charge interne du sportif. La charge interne correspond à la réponse de l’organisme face à un entraînement ou une compétition.
C’est donc ce que vit le corps quand on lui impose une charge de travail (la charge externe : vitesse, watts, distance, dénivelé, etc.).
La charge externe représente le stimulus (le travail imposé) et la charge interne reflète la contrainte physiologique et perceptive générée par ce stimulus.
🥵 Après chaque séance, on demande à l’athlète son RPE global entre 1 et 10 (perception de l’effort sur l’ensemble de la séance).
Le session-RPE sera calculé en multipliant le RPE par la durée de la séance :
sRPE = RPE (0-10) x durée de la séance (en minutes)
Exemple : séance de 90 min perçue comme RPE 6 → 540 unités arbitraires (UA).
🤗 Avant l’effort, on peut utiliser le RPE pour planifier des cibles de RPE pour prescrire une intensité d’entraînement (donc pour orienter la charge externe en fonction du contexte notamment en trail) mais cela sera toujours une approximation perceptive.
Les avantages :
✅Simple et universel : Aucun capteur n’est nécessaire !
✅ Validé scientifiquement. Il y a une forte corrélation entre le RPE, la fréquence cardiaque, la lactatémie et la puissance (Rodríguez-Marroyo 2012 ; Haddad 2017).
✅ Applicable à tous les niveaux (débutant à expert)
✅ Suivi longitudinal en suivant la charge hebdomadaire ou mensuelle (somme de sRPE) afin d’éviter le surentraînement et l’apparition de blessures.
✅ Prend en compte le contexte réel en intégrant les facteurs environnementaux et personnels comme la chaleur, la déshydratation, l’altitude, le dénivelé, la fatigue, le sommeil et le stress que la charge externe seule ne reflète pas.
✅ Outil fiable pour prescrire des zones d’intensité ou suivre la charge hebdomadaire.
Les limites :
✅ Subjectif : dépend de l’éducation de l’athlète, de sa sincérité et de la bonne connaissance de ses sensations.
✅ Peut varier selon l’humeur, la motivation, le contexte.
✅ À utiliser de façon standardisée (mêmes consignes, même timing). Il préférable de donner le RPE au même moment ; soit à la fin de la séance soit 30 minutes après !
Les RPE différentielles :
Au lieu d’un RPE global (effort perçu total), on demande à l’athlète de donner séparément :
🫀 RPE central (cardiovasculaire) reflet la contrainte cardio-respiratoire et centrale.
💪 RPE périphérique (musculaire) reflet de la contrainte locale, musculaire.
Le RPE différentiel est un outil simple pour distinguer fatigue centrale (cardio-respi) et fatigue périphérique (musculaire). Il complète le RPE global et aide à mieux individualiser la récupération et les charges.
Le RPE est un outil simple et fiable pour mesurer la perception de l’effort, utile à la fois pour prescrire (pendant) et pour quantifier la charge interne (après).
L’idéal est de croiser charge externe et charge interne : par ex. “20 min à 280 W (externe) = RPE 6/10 (interne)”. Si un jour le même 280 W = RPE 8/10, c’est un signe de fatigue ou de stress thermique .

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